Huis Clos de Jean Paul Sartre

Espace intemporel ou le reflet de soi n'est pas uniquement sur l'autre, il fait partie des murs.



Note à la scénographie

Un univers Clos, un monde aseptisé où chaque personne qui entre le découvre et le voie avec ses propres yeux, son propre vécu. Ce monde est cependant dans l'irréel. La déambulation mécanique du "garçon" s'approche de la sensation du "non palpable", le physique n'existe plus... lumière sur un monde parallèle...

 

Et ce sont les "invités" qui déclenchent leur monde. Leur chambre écran nous livre leurs secrets, leurs corps transpirent pour devenir des empruntes...la trace, l'ombre... Les yeux voient même fermés, les oreilles entendent même bouchées, les actes sont là... Réminiscences.

 

 

 

 

 

 

 

 Leurs pensées se projettent.

Le temps de masquer leurs anciennes vies est révolu.

Tout déteint.

Tout se pose lentement sur eux.

Affronter son histoire.

Les Autres la révèlent.

Et si "le bourreau c'est chacun de nous pour les deux Autres".

 

 

 


 

Le corps est à l'abandon.

La vérité se dessine.

Ils seront ensembles.

"Alors continuons"

 

 

Les différents stades de jeux

Il y a 5 tableaux distincts qui se chevauchent, la scénographie évolue avec la lumière:

- Mise en place de l'espace (Entrée public et fin de la pièce) : Lumière noire. L'espace blanc se détache et semble hors du temps. 

- L'entrée des protagonistes : Ambiance chaleureuse. Ils sont "chez eux", ils se voilent la face, tout va bien. Scénographie sobre sous une lumière d'intérieur.

- Les réminiscences : Les pensés du passé, les retours sur terre. Les protagonistes se regardent, s’interrogent sur eux, regardent ce qui se passe sur Terre. La lumière transperce le huis clos, elle est le lien entre la terre et ..?..

- Les ombres chinoises : C'est le ressentie, la vision floue de ce qui se passe dans leurs têtes.

- L'univers blanc : une boite aseptisée, l'ambiance est froide... ils se détachent de leurs vies, c'est vraiment fini. Lumière écrasante, scénographie décollée, le cube blanc se détache, le huis clos est bien présent.

 

L'espace est blanc, 3 lots de cubes font offices de divans. Chacun voit ce qu'il veut voir, la couleur qu'il veut. La lumière à la base des cubes apporte un coté immatériel, comme une certaine lévitation.

 

 


Article de presse

Sartre, c’est les autres

THEATRE & DANSE | article publié le Vendredi 29 novembre 2013 par Nadja Pobel

Petit Bulletin n°735

Spectacle Huis clos à l’Espace 44

Sartre, c’est les autres

 

Pas besoin de décor. Même les plus grands, comme Claude Régy ou Bob Wilson, se contentaient d’un espace vide. Des cubes feront office de canapé. Sven Narbonne, jeune metteur en scène d’une toute jeune compagnie, La Onzième, au-delà d'un jeu d’ombres bien mené, ne s’encombre pas d’artifice pour son Huis clos. Bonne idée. Les déplacements qui auraient pu faire de la pièce une vaste gesticulation sont même assez maîtrisés et ramassés. Restait à trouver un ton. Robert Hossein avait alourdi la pièce en la cuisinant à la sauce boulevard. Narbonne opte lui pour une ambiance plus neutre et de fait plus dure.

Car si Sartre avait cru écrire une comédie, il n’en est rien. Les uns après les autres, les personnages du journaliste Garcin, de l’employée des postes Inès et de la mondaine Estelle entrent dans une antichambre de la mort accompagnés par un quasi mutique garçon d’étage (ici une femme, sans que le parti pris de mise en scène en soit vraiment changé). C’est alors aux comédiens de composer, tout repose sur eux. Dans un rôle difficile, Aurélie Chamfroy (Inès) emporte le morceau, parvenant à laisser une trace de son personnage plus par son incarnation que par les paroles qu’elle prononce - les deux autres, Guillaume Col et Clémentine Wert, campent des personnages pas moins retors (Garcin a torturé sa femme, Estelle a jeté le bébé qu’elle a eu avec son amant pour ne pas nuire à son rang), mais moins dérangés en apparence. Devant souvent jouer le malaise ou la colère rentrée, c’est son corps légèrement contorsionné et son regard, constamment noir, qui dessinent son rôle de manière forte et mémorable. Nadja Pobel

Teaser du spectacle

Oserez-vous passer la porte de l’enfer ?

Happening Lyon, Décembre 20013

Répétitions publiques

Lyon, Novembre 2013


Collectif La Onzième : http://laonzieme.jimdo.com/

 

Mise en scène: Sven Narbonne.

Assistante à la mise en scène: Annabelle Faucon.

Avec: Aurélie Chamfroy, Annabelle Faucon, Sebastien Mortamet, Clementine Wert, Thibaud Vincent.

 

Scénographie et création lumière : Aurélia Gonthier.

Photographies :  Christophe Nogues et Aurélia Gonthier.

Communication Visuel : Clementine Wert.